8월 15일광복절 : le jour de l'indépendance en Corée du Sud
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Pendant que la France célèbre le 15 août, la Corée du Sud vibre au rythme de l'une de ses fêtes nationales les plus importantes : le Gwangbokjeol (광복절). Ce terme, qui signifie littéralement "le jour où la lumière est revenue", commémore la libération du pays en 1945.

35 ans d'occupation japonaise (1905-1945)
08 octobre 1895 : en raison de sa politique anti-japonaise et de son rapprochement avec la Russie, l'impératrice Myeongseong fut assassinée par un commando japonais au sein du palais à Séoul.
1905-1910 : s'ensuivent plusieurs années de protectorat, puis en 1910, le Japon annexe officiellement la Corée.
Afin de soumettre le pays, le Japon interdit toute liberté de presse ou d'association et exerça une répression brutale sur le peuple coréen. Cela mène au vaste mouvement d'indépendance pacifiste du 1er mars 1919 (삼일 / Samil), violemment réprimé.
Face aux révoltes, le Japon assouplit en apparence sa politique en autorisant une certaine presse et des activités culturelles coréennes, tout en intensifiant son contrôle économique et policier.
Avec la montée du militarisme japonais et la Seconde Guerre mondiale, le pouvoir colonial cherche à effacer l'identité coréenne :
interdiction d'utiliser la langue coréenne à l'école et dans l'administration ;
obligation d'adopter des noms japonais (soshi-kaimei) ;
culte obligatoire de l'empereur du Japon.
Des centaines de milliers de Coréens sont envoyés au travail forcé dans les mines et usines du Japon ou de ses colonies. Des jeunes Coréens sont enrôlés de force dans l'armée impériale japonaise. Des dizaines de milliers de femmes coréennes sont réduites à l'esclavage sexuel dans les bordels militaires japonais. Enfin, la production agricole (riz) et les ressources naturelles coréennes sont massivement réquisitionnées pour soutenir l'effort de guerre japonais.
La résistance coréenne
La résistance coréenne contre la domination japonaise s'est organisée à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays, combinant lutte armée, action diplomatique et résistance culturelle.
La résistance armée, sur le terrain et aux frontières :
les "Armées Droites" (의병 / uibyeong) : milices populaires et d'anciens soldats qui luttent dès avant l'annexion officielle (1905-1910) ;
la guerre de guérilla en Mandchourie et Sibérie : après 1910, des bataillons coréens basés en Chine du Nord mènent des attaques éclair contre l'armée japonaise (notamment la célèbre bataille de Bongo-dong en 1920) ;
l'Armée de Libération de Corée (KLA) : formée en 1940 en Chine sous l'égide du Gouvernement Provisoire, elle combat aux côtés des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les mouvements politiques et diplomatiques :
le Mouvement du 1er mars 1919 (삼일 / Samil) : soulèvement populaire pacifiste massif à travers toute la Corée. Plus de 2 millions de personnes manifestent. La répression japonaise est sanglante, mais l'événement sert de déclencheur national ;
le Gouvernement Provisoire de la République de Corée (KPG) : fondé à Shanghai en 1919 dans la foulée du Mouvement du 1er mars, il coordonne la résistance à l'étranger, mène des actions diplomatiques (notamment aux USA) et prépare la gouvernance d'après-guerre.
Les actions coup de poing :
des organisations clandestines mènent des attentats ciblés contre des officiers japonais, des collaborateurs ou des symboles de l'administration coloniale (commissariats, siège de la Banque de Chosen) ;
quelques figures marquantes de cette résistance : Kim Koo (dirigeant de la résistance), Yoon Bong-gil (célèbre pour son attentat à la bombe contre le commandement militaire japonais à Shanghai en 1932), Yu Gwan-Sun (jeune lycéenne emprisonnée et assassinée suite au Mouvement du 1er mars), et tant d'autres héros qui ont donné leurs vies pour leur pays.
Comment cette résistance résonne aujourd'hui ?
La Corée du Sud n'a pas oublié cette période et commémore chaque année les résistants qui se sont battus pour sa liberté. Des cérémonies officielles ont lieu au Sejong Center à Séoul, des amnisties sont accordées, et les habitants hissent fièrement leur drapeau national. Dans les rues, sur les maisons, les bus, les bâtiments officiels et les palais : en ce jour du retour de la lumière, le 태극기 (Taegukgi) ne fait pas que flotter dans le ciel. Il raconte la résilience d'un peuple et rend hommage à toutes les âmes qui ont défendu la Corée.


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